Oui... revenue d'Italie... après 7 jours d'ailleurs et de calme, de complicité et de délires... 7 jours de rêves, et j'ai déjà du mal à rentrer.
Vraiment, ce fut fabuleux, tant de découvertes et d'échanges {grazie mille Elena} et déjà le retour à la réalité me parait terriblement dur... Déjà, je susi accablée de travail... Mais j'ai comme l'impression d'être davantage prête... Plus en forme, plus reposée, peut être un peu plus tolérante... Seul l'avenir nous le dira mais je l'appréhendes plutôt sereinement, contrairement à mon habitude...
Je commence à m'interroger sur mon attitude néanmoins... cette envie maladive de toujours garder la tête froide... est ce réellement la bonne solution? Est ce que je peux continuer d'avancer en évitant mes sentiments? Mais si je me dévoilais, les choses changeraient-elles? Serait-ce plus facile? J'ai comme un doute.
Aujourd'hui, cela faisait 1 an que j'apprenais l'hospitalisation de mon meilleur ami... dur moment passé... mais la fatigue et les flash back m'ont abattu...
Aujourd'hui j'ai fini "Face aux ténèbres" de William Styron... une leçon pour tous, l'histoire d'une dépression, une autobiographie puissante très perturbante et tellement vrai... A lire...
Extraits face aux ténèbres
Comme tous ceux qui ont connu toutes les phases de la maladie, même les plus extrêmes, et pourtant ont émergé pour en faire le récit, je serai enclin à préconiser une formulation saisissante. "Tempête sous une crâne, par exemple, a malheureusement été utilisé pour décrire, de façon plutôt facétieuse, l'inspiration intellectuelle. Mais quelque chose de cet ordre s'impose. Informé que les troubles psychiatriques dont souffre quelqu'un ont dégénéré en tempête - une authentique tempête déchaînée dans le cerveau, car c'est là en réalité ce qu'évoque le plus fidèlement une dépression clinique - même le plus profane serait enclin à manifester de la compassion plutôt que la classique réaction suscitée par le mot "dépression", quelque chose du genre de "Et alors?" ou bien "Vous finirez par vous en sortir". Ou encore "Tout le monde a ses mauvais moments".
"Cela me frappa tout à fait inopinément, quasiment du jour au lendemain : je ne pouvais plus boire. C'était comme Si mon corps s'était révolté pour protester, en même temps que mon esprit, et avait conspiré pour rejeter ce bain quotidien de mon âme après lui avoir Si longtemps fait fête, qui sait, avoir peut-être même fini par en éprouver le besoin".